Les Yakuza Modernes

yakuza1

Article

Aujourd’hui on s’attaque à un sujet bien intéressant : Les Yakuza au temps modernes.

 

 

Qui sont-ils ?

 

    Il nous faut pour le savoir revenir un petit en arrière : entre 1600 et 1868, pendant l’ère d’Edo. On ignore comment toute cette histoire à vraiment commencé, mais c’est à cette période que des hommes ont commencé à s’attribuer des territoires pour les contrôler. Le recrutement se forgeait (et se forge encore) sur la définition même de “Yakuza” : signifiant également “bon à rien” en Japonais (Ya est une autre façon de dire 8 (八), Ku/kyu veut dire 9 (九) et Za est semble être une déformation de san : 3 (三). 8+9+3 = 20, soit une main perdante, d’où la signification de “bon à rien”). Vous l’aurez compris, alors que la société Japonaise, très codifiée, a toujours eu beaucoup de mal à intégrer ce qu’elle considère comme différent, les Yakuza ont toujours accepté tout le monde. C’est un sujet complexe sur lequel je pourrais m’étendre pendant des heures, mais nous en reparlerons une autre fois, car elle tient plus d’un exposée sur l’entrée dans l’air Edo que du sujet des yakuza modernes.

    De tout temps, les yakuza se sont toujours démarqués par des règles très strictes et des particularités.

    La plus connu est celle de irezumi, le tatouage traditionnel japonais. Il y a longtemps, cette pratique était réservée aux criminels, alors marqués à vie. Les Yakuza ont très vite repris ce code, ce qui explique en partie pourquoi la société japonaise à beaucoup de mal à accepter les personnes tatouées, que ce soit dans les Onsen ou les entreprises.

    La seconde tradition qui nous vient à l’esprit est le Yubitsume. Cette pratique consiste, lors d’une faute, à s'amputer sois-même d’un doigt ou d’une phalange pour l’offrire à son supérieur en signe d’excuse.

    Un peu à la manière des samuraï, les yakuza possède “traditionnellement” un code d’honneur très stricte. (Que ce soit claire, cette partie fait intégrante de l’histoire des yakuza, mais n’est pas toujours respectée. Le monde n’est ni blanc, ni noir. Les yakuza n’échappent pas à la règle.) Parmi ceux-là, les membres de l’organisation doivent éviter aux maximum d’impliquer des civils. Parmi ces règles, on compte également l’interdiction de viol, de vol à main armée (le racket étant une activité considérée comme lucrative), cambriolage, consommation de drogue… Est-ce vraiment un groupe criminel ?

La voie du Gokudô 極道 / voie extrême.

  1. Tu n'offenseras pas les bons citoyens.
  2. Tu ne prendras pas la femme du voisin.
  3. Tu ne voleras pas l'organisation.
  4. Tu ne te drogueras pas.
  5. Tu devras obéissance et respect à ton supérieur.
  6. Tu accepteras de mourir pour le père ou de faire de la prison pour lui.
  7. Tu ne devras parler du groupe à quiconque.
  8. En prison tu ne diras rien.
  9. Il n'est pas permis de tuer un katagi (personne ne faisant pas partie de la pègre). C'est règle rarement appliquée.

    Très présent au Japon, les Yakuza ont été pendant longtemps si présent dans la société qu’ils possédaient des succursales, bureau et autre acte de présence dans quasiment chaque quartier, possédant alors une fonction de maintien de l’ordre par leur seul présence (et celles de leur armes). Par de faite, ils ont été pendant de longues années bien plus proche de la population que ne l’était les forces de l’ordre officielles.

    Malgré tout ça, il ne faut pas oublier que les Yakuza sont des groupes criminels. Ils ont besoin d’argent pour fonctionner. Ils trouvent cet argent dans différentes activités.

    Le racket des sociétés se trouvant sur leur territoire, sous la forme d’un impôt. En échange de cette impôt, les Yakuza protègent et peuvent même servir de force interne. Il y a énormément d’histoire où, lors d’assemblés générales pour les actionnaires d’une entreprise, les Yakuza achètent des parts et influe grandement sur les choix en mettant la pression sur les actionnaires. Il arrive également que les Yakuza tombent sur des informations compromettantes sur une entreprise et lui fasse du chantage.

    Le sport, notamment de combat, est une autre de leur activité. Ils s’attaquent à la lutte (puroresu en japonais) et au sumo, en y faisant des matchs truqués, en organisant des paris ou simplement en possédant l’établissement que les héberge.

    Domaine traditionnellement tenu par les yakuza : les salles de jeu. Parmi ceux-ci, je compte non seulement les paris clandestins, mais aussi les casino et les salles de Pachinko (sorte de flipper/machine à sou inventée par les japonais).

    Au japon, expulser quelqu’un de chez sois (pour cause de non-paiement par exemple) est très long et très coûteux (nous ne sommes pas beaucoup mieux…). Certains n’ayant pas les moyens d’engager de tels procédures, ils payent les yakuza pour récupérer leurs biens, si besoin par la force. Il n’est pas rare qu’ils s’occupent également de dettes plus monétaire. Il leur arrive aussi de faire des prêt d’argent, à des taux élevés, mais peu regardant sur la personne qui le leur demande.

    Si la prostitution est interdite depuis plus de 50 ans, contrairement à beaucoup de pays occidentaux où c’est quelque chose de récent, c’est une activités à laquelle se livre souvent les yakuza, notamment avec des filles d’asie du sud-est ou de l’ex-URSS (très rarement avec des japonaises). Ainsi, les quartiers de plaisirs sont souvent sous le contrôle des yakuza. Ils sont aussi une des seule façon d’obtenir de la pornographie non-censurée, en provenance d’Europe et d’Amérique.

    En bon groupe criminel, les Yakuza s’occupent également du trafic, notamment de drogue, d’armes et de l’immigration clandestine.

    Ils sont organisés en famille, un peu comme la mafia italienne. On y retrouve beaucoup l’organisation traditionnel japonaise, très hiérarchique.

yakuza2

Et aujourd’hui ?

    Avant de parler d’aujourd’hui, nous devons à nouveau remonter dans le temps, jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Pour vous resituer le contexte, le Japon s’est retiré de la guerre après avoir subi les deux attaques atomiques. Le pays est alors occupé par les Américains, qui organisent pour beaucoup leur petit trafic avec les locaux. Les Yakuza, déjà très implanté, en profitent et organisent des réseaux de prostitution, tandis que les mafia coréennes et taïwanaises élargissent de plus en plus leurs influences, faute de force de police pour les arrêter. Dans un japon affaiblie et en pleine reconstruction, il ne reste plus qu’une seule façon de bouter ces mafia étrangères hors du pays : frapper la mafia par la mafia. Les Yakuza reçoivent alors l’appuie, dans l’ombre, des hauts milieux politiques et de la police, tout en organisant le marché noir, devenant ainsi un pilier du Japon, ainsi qu’une “force régulatrice”.

    Après la guerre, la jeune population, alors en pleine crise sociale, créé un certain nombre de groupes plus violents et moins organisés. Si certains sont très vites étouffés, d’autres sont absorbés, gonflant ainsi les gangs et les rangs des yakuza. A cette période, nous sommes au début des années 60. Le nombre de Yakuza est alors plus élevé que celui de l’armée elle-même, menant ainsi à des guerres de gangs pour le partage du territoire.

    Cette période voit également l’hégémonie sur le continent d’un certain Mao Zedong, en Chine. L’Amérique voit d’un très mauvais œil cette expansion du communisme et décide d’intervenir. Mais ils refusent de laisser le Japon devenir communiste. Pour cela, ils libèrent des détenus politiques et notamment Yoshio Kodama, un des hommes faisant le mieux le lien entre les Yakuza et les partis de droite / extrême-droite. C’est alors la plus belle période pour les yakuza, dont les liens entre gang sont facilités en haut lieu et dont le commerce est fructifiant.

    Tout de fois, dans les années 90, le Japon est de nouveau sur les railles du futur. La police est bien plus présente, et la chute de l’URSS rend la combat contre le communisme bien moins sérieux. Le 1er mars 1992, le gouvernement japonais vote la loi Antigang, suivie de la loi anti-blanchiment. Ces lois ont pour principe de remettre l’état à la place qu'occupaient jusque là les yakuza. Elles permettent également d’officialiser les gangs et autres organisations, de toute façon bien trop puissantes pour être attaqué de front. En 2004, la loi est approfondi pour rendre les chefs de clan plus sensible aux attaques de la justice, notamment en permettant aux civiles de se plaindre du racket et des chantages, le tout accompagnée d’une simple preuve.

    C’est le début du déclin des clans à l’ancienne. Les effectifs diminuent drastiquement pour éviter un maximum les débordements, devenue bien trop coûteux. Certains clans sont même obligés de devenir des entreprises ou des associations, prenant ainsi une façade totalement légale. Les yakuza ont dû s'adapter en changeant d’activité, perdant ainsi une bonne partie de leur gain. Enfin, alors que jusque là la police et les yakuza négociaient ensemble de la peine à adopter en cas de crime de la part d’un membre de la mafia (qui s’était préalablement livré aux autorités), la police fait désormais cavalier seul.

    Nous sommes le 1er Octobre 2010. Alors que les yakuza sont de plus ne plus faible, de nouvelles ordonnances tombent, tel que “l’exclusion”. Le principe est simple : rendre totalement illégal les relations entre les civiles et les yakuza. Notamment les sociétés, qui dans certains cas, trouvaient le système très intéressant.

    Si ces mesures ont énormément affaiblie les yakuza, elles ont également contribuées à la formation de nouveaux groupes criminels, très peu organisés et bien plus violent en terme de sécurité publique. Alors qu’on estimait le nombre de yakuza à plus de 180 000 dans les années 60, ils ne seraient plus qu’entre 35 et 50 000 aujourd’hui. Il tentent de vendre l’aspect traditionnel de leurs activités pour survivre, mais seul l’avenir nous dira s’ils y parviendront.

Actuellement, il reste 4 grandes familles au Japon.

    Les Yamaguchi-gumi (la plus grande, qui regroupe à elle seule près de 45% des Yakuza)

yakuza3

    les Sumiyoshi-reng

yakuza4

    les Inagawa-kaï

yakuza5

    et les Tōa Yuai Jigyō Kummiai (dont beaucoup de membres sont coréens)

yakuza6

 

Déclinement culturel

 

    L’univers des Yakuza est quelque chose qu’on retrouve énormément dans la culture japonaise, notamment au niveau des films, des mangas et des jeux-vidéos. Parmi tout ceux-ci on pourra citer : le manga, drama et anime Gokusen, le film/drama My Boss, My Hero, la série de jeu Yakuza ou encore l’apparition des yakuza dans le légendaire jeu Yandere Simulator. On peut également retrouver les yakuzas dans beaucoup d’anime et manga, tel que Gintama ou GTO.

    Je parlerais plus des films prochainement, car j’avoue que c’est un domaine que je connais très peu…

Conclusion :

    Les Yakuza ont étaient pendant longtemps la plus grande organisation criminelle du monde. On les retrouve jusqu’en Allemagne et aux Etats Unis. C’est sans conteste un des piliers du Japon et de son histoire, qui a été très influent dans sa reconstruction, aussi bien avant, qu’après la seconde guerre mondiale.

yakuza7
yakuza8
yakuza9
yakuza10

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

Ajouter un commentaire

 

Date de dernière mise à jour : 16/12/2018