Le Ecchi

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On s’attaque aujourd’hui à un sujet pour le moins original : le Ecchi !

 

Origine du terme :

    A l’origine, le mot “ecchi”, c’est à dire エッチ en japonais, avait une signification bien plus proche du mot “bizarre”, “anormal” ou encore “hors norme” . Il était notamment utilisé pour parler des troubles du comportement ou des phénomènes paranormaux. De la même façon que le mot “hentai” signifie à l’origine transformation, le mot ecchi n’avait au début rien de sexuel.

    Le début de l’histoire de ces deux mots commence dans les années 1910, à la sortie d’une expression utilisé dans la sexologie : hentai seiyoku (変態性欲 : désir sexuel anormal). Le hasard fait que ce sujet se popularise, si bien qu’en 1920, de nombreuses publications traitent de ce sujet en utilisant l’expression hentai seiyoku. C’est d’ailleurs à cette période que né le mouvement Ero Guro. Ce mouvement artistique japonais apparaît à la fin des années 20 et combine l’érotisme et le macabre, voir le grotesque. On en attribue l’origine à Edogawa Rampo et ses œuvres La Bête aveugle, L'île panorama, La Chenille ou La Chaise humaine. Évidemment, ce mouvement est peu à peu censuré avant d’être totalement arrêté à la fin des années 30.

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    Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que les journaux s’intéressent à nouveau au hentai. C’est ainsi qu’il se retrouve écrit en rômaji (en écriture alphabétique à l’occidentale). Hors, la première lettre de ce mot est un “H”, ce qui en japonais se lit “étchi” : エッチ ! La création du terme est donc une erreur de langage. Mais l’utilisation du terme attendra officiellement 1952, où le magazine Shukan asahi rapporte qu’une femme aurait criée “Ara ecchi yo !” alors qu’elle se faisait peloter dans un cinéma. C’est à partir de ce moment que le mot ecchi à commencé à prendre son sens érotique/pervers.

    Moins de 10 ans plus tard, les plus jeunes utiliseront ce mot pour désigner tout ce qui a trait à la sexualité. Son sens continuera d’évoluer, notamment avec l’arrivé de la culture otaku, de plus en plus présente au Japon, puis en occident. D’ailleurs, ce terme est utilisé chez nous pour désigner les œuvres japonaises (manga, anime, novel…) présentant un contenu à connotation sexuel.

Aspect inévitable :

    Plusieurs éléments caractérisent les œuvres ecchi ou comportant des éléments ecchi. Que ces scènes viennent d’un shonen, d’un shojo, d’un seinen, d’un josei ou d’un autre genre, certains éléments sont inévitables.

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    La nudité :

        Il faut bien avouer que c’est un élément qui était extrêmement présent dans les anime des années 80/90, mais qui a tendance à disparaître au profit d’autres éléments. C’est un aspect qui touche autant les personnages féminin que masculin (même si on pense généralement à ces premières quand on parle de nudité ou de ecchi). Que ce soit lors de scènes naturellement dénudée, tel qu’une douche ou un bain, ou une scènes plus “accidentelle”, on remarque que cet aspect varie beaucoup en fonction du genre, de l’époque ou du style. Si on suis les tendances, les vieux anime ont tendances à afficher une nudité totalement affichée ou simplement cachée par un petit élément tel que des cheveux, alors que les anime plus récents (sauf anime ou manga “spécialisé”) auront plutôt tendance à utiliser des effets de lumières ou de la fumée pour cacher les parties sensibles. Dans tous les cas, que ce soit pour les hommes ou les femmes, la norme moderne des créations otaku semble être qu’une œuvre ecchi peut montrer tout ce qu’elle veut, sauf les parties génitales, auquel cas on basculerait dans le genre hentai.

    Relation sexuel :

        Puisqu’on en parle, on peut aborder la notion de relation sexuel. De façon analogue, si un ecchi peut aborder, évoquer ou suggérer une relation, il passera immédiatement dans le genre hentai s’il la montre explicitement. On peut tout de fois noter que cette règle ne concerne pas certains seinen, notamment ceux qui date du XXème siècles, tel que Berserk, qui seront alors considérés purement et simplement comme ce qu’ils sont sans être ornée du blason “hentai” ou “ecchi”.

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    パンツ ( culotte ) :

        Pantsu est le mot qu’utilise les japonais pour parler des sous-vêtements. C’est un élément essentiellement féminin pour le coup, qui est souvent vue comme un attrait mignon plus que pervers. On voit souvent ce genre de scènes dans les shonen ou les shojo, car c’est propice aux accidents et au quiproquo. Dans les seinen, c’est un aspect beaucoup moins utilisé, voir utilisé pour faire de la provoque (ex : Aya de Enfer et Paradis). Les vieux anime et manga utilisent très peu cet aspect en tant que tel. Je peux par exemple citer Jeanne et Serge, où l’héroïne montre sa パンツ à ses camarades juste pour les narguer. La vision des gens a beaucoup changé sur cette aspect. En effet, comme ça ne gênait pas grand monde, les jupes se sont raccourcis au fur et à mesure des années (dans les mangas et anime, je précise !). Dernièrement, la tendance semble s’inverser… Mais nous y reviendrons.

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    胸 les seins :

        Une fois de plus, nous devons nous tourner vers les personnages féminins. Si l’attirance et l'intérêt des hommes pour les seins est plus que réel, que ce soit envers les personnages de fictions ou les filles et femmes du monde réel, il semblerait que cet aspect de leur personne préoccupe beaucoup moins la gente féminine dans la réalité que dans le monde otaku. Si les vieux anime ont plutôt tendance à offrir aux femmes des poitrines généreuses, la tendance s’est totalement inversé autour des années 2000 avant de voir s’affronter deux camps bien définis : les gros et les petits. Traditionnellement, on dit que les hommes préfèrent les poitrines généreuses. Cet adage vient notamment du fait que les japonaises sont réputées pour être plates (même si ce n’est qu’une généralité, elles ne le sont évidemment pas toutes !) et que les japonais trouvent donc “peu” de femme de ce type. A l’inverse, “on” trouve et ceux même en occident, que les hommes qui aiment les petits seins sont des pervers, voir qu’ils font un lolita complexe. Tout ceci n’est évidemment que pure idiotie d’une masse bien pensante avide de norme corporel et de goût. L’important n’est-il pas de trouver poitrine à sa main ? Bref, je m’égare ! Pour en revenir aux manga et anime, les seins ont beaucoup évolués. D’abord montré sans aucune retenue, ils ont ensuite étaient cachées, avant d'apparaître de façon plus ou moins visible selon le niveau de ecchi de l’œuvre. Pour en venir aux détails : un très bonne indicateur du niveau de ecchi (ou de l’année sur les plus anciennes œuvres) est l’apparence ou non des 乳首 (chikubi ou tétons en français). En règle générale, dans le monde otaku moderne, seules les œuvres se revendiquant du genre ecchi les montrent et les mettent en valeur. Pour en revenir aux poitrines en général, leur usage dans le monde otaku est multiple, mais est souvent à l’origine de quiproquo, qu’ils soient vus ou touchés.

        Contrairement à ce qu’on peut penser, cet aspect existe bel et bien chez les personnages masculin. C’est notamment quelque chose de très présent dans les shonen ou les oeuvres plus spécialisés tel les yaoi. Vous n’avez jamais remarqué que certains personnages se retrouvaient souvent torse nue ? Ce n’est pas un simple hasard : les filles aussi aiment le ecchi et il en faut pour tout le monde ! Bon, je vous avouerais que je ne suis pas du tout un spécialiste, dans la mesure où je ne suis pas du tout attiré par les hommes. Tout de fois, que la première qui se sent d’en parler n’hésite pas !

    Vêtement :

        Certains vêtement reviennent souvent lors des scènes ecchi. Parmi ceux-ci, on peut citer les uniformes d’écolière, les costumes de soubrette (maid), les tenues d’infirmière, les costumes de magical girl ou encore les kimono de prêtresse. La liste est loin d’être exhaustive.

        Si c’est un élément qu’on retrouve là aussi en général chez les personnages féminin, il existe aussi chez les personnages masculin. On peut par exemple citer la tenu de majordome, les tenus de sport ou la simple serviette de bain.

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    Harem :

        Un des aspects récurrents, pour le coup plus scénaristique que visuel. Il s’agit du fait d’avoir un certain nombre de personnages féminin amoureux du même garçon. (Il arrive que les genres soient inversés.) C’est quelque chose que l’on voit généralement dans les comédies romantiques ou les ecchi revendiqués. Il n’est pas rare que cet aspect soit associé à un héros pervers ou peu résistant à la tentation.

    Je pourrais continuer à vous parler de tous les aspects et subtilités qui composent ce genre. Je tiens tout de fois à rajouter que ceci n’est qu’une partie de mon avis personnel et qu’il faudrait bien plus de temps et de travail pour en décrire les mécanismes et les évolutions.

Ecchi ou Fan Service ? :

    Beaucoup confondent les deux, ce qui influe aussi bien sur la réputation de l’anime en question que du genre ecchi. Le concept est très différent. Il faut donc bien discerné le ecchi, qui va du simple flirt jusqu’à ce qui précède les relations sexuels, mais dont les scènes “indécentes” sont des éléments à part entières du scénario, avec le Fan Service, simples éléments érotiques ajoutés dans des œuvres pour agrandir la clientèle cible. C’est quelque chose qui a été vraiment très critiqué et qui vaut à certain shonen de violentes injures souvent non justifiées. Bref : à ne pas confondre !

Les Anti-H :

    Depuis une petite dizaine d’année, nous avons vu un nouveau type de personne émergée : les anti-ecchi. Ces individus critiques sans le moindre fondement ou la moindre pensée objective toute oeuvre possédant la notion de ecchi. Ils se justifient par de courtes et simple tirades tel que : “le ecchi, c’est pour les daleux”, “si tu veux du sexe regarde du hentai” et j’en passe. Premièrement, le ecchi n’est ni conçu, ni regardé principalement par des personnes en état d'appétit sexuel.  Ensuite, remplacer le ecchi par le hentai a tout autant d’intelligence que de remplacer les films romantiques contenants des scènes de flirt par des films pornographiques. Je suis parfaitement conscient que mon propos n’est pas objectif. Tout de fois, si je comprend sans aucun problème qu’on soit choqué, qu’on déprécie ou qu’on ne soit pas attiré par ce genre, je ne peux accepter qu’on crache sur œuvre gratuitement et sans fondement par pure apriori.

Conclusion :

    Le ecchi est un genre riche, qu’il soit utilisé comme élément centrale de l’œuvre ou non. Il est une partie intégrante du monde otaku et est très intéressant à étudier en terme d’évolution. Beaucoup d’œuvres absolument incroyables font parties de ce genre et même les scènes de ecchi ne sont pas des fins en soi, il faut bien reconnaître qu’elles apportent l'assaisonnement dans beaucoup d’œuvre.

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Date de dernière mise à jour : 04/02/2019