Paranoia Agent

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Aujourd’hui on s’attaque à un animé vraiment particulier : Paranoia Agent !

 

La petite histoire :

    C’est un animé réalisé et scénarisé par Satoshi Kon et sorti en 2004. Il compte 13 épisodes et est licencié par Dybex.

    Parlons un peu de Satoshi Kon. C’est à la fois un réalisateur et un mangaka. Il a surtout exercé son dessin de 1985 à 1996, où il a notamment écrit Kaikisen (ou “le pact de la mer”) sorti en 1990 et qu’on croise encore de temps à autre… En 1997, il réalise un film que vous connaissez peut être : Perfect Blue. C’est un gros succès à l’époque. Il enchaîne en 2001 avec Millennium Actress. En 2006, il sort Paprika, suivit l’année suivante de Ani-Kuri 15. Il a également conçu les 5 épisodes d’OAV de JoJo's Bizarre Adventure (sorti en 1993), ainsi que le scénariste du film d’animation Memories sorti en 1995. Satoshi Kon est mort en 2010 à la suite d’un cancer du pancréas.

Personnage :

    Revenons à Paranoia Agent. Il n’y a pas vraiment de personnage principal, si ce n’est le personnage mystère en lui-même…

    Tsukiko Sagi est créatrice pour une grande chaîne de studio. C’est elle qui crée la mascotte qui sera omniprésente dans cet animé : Maromi. C’est une fille calme et discrète qui n’aime pas beaucoup la compagnie des autres. Elle est seule, que ce soit sur le plan personnel ou au travail. Elle est souvent dans la lune. C’est un personnage que j’aime beaucoup, même si elle est souvent totalement inactive.

    Keiichi Ikari est un inspecteur de la police. Il est en charge de l’affaire du “gamin à la batte”. Il a beaucoup d’expérience et croit en un monde plus juste. Il crie souvent et est un peu bourrin, mais c’est un brave type très idéaliste. Même si ce n’est pas un personnage particulièrement classe ou intelligent, on finit par s’attacher à lui.

    Mitsuhiro Maniwa est l’assistant de l’inspecteur Ikari. Il est plus jeune et beaucoup plus ouvert d’esprit. Il semble s’intéresser aux comportements psychiques décalés de la normalité. Il est très intelligent et cherche à comprendre les choses d’un point de vue interne.

    Harumi Chono est une prof qui souffre d’une double personnalité. D’un côté c’est une prof calme et pleine de bon sentiments, de l’autre, c’est une prostitué de luxe qui ne se refuse aucune excentricité. Il supporte de moins en moins son paradoxe de vie et tente de l’emporter sur sa deuxième personnalité bien plus violente. Elle est la professeure particulière de Yuichi Taira, un jeune garçon à l’égo démesuré.

    Masami Hirukawa est un policier de niveau moyen. Il trempe dans des histoires louches entre prostitués et yakuzas. Lâche, fourbe, pervers, malhonnête, c’est un véritable pourri. Il rêve de créer un “chez-lui” digne de ses rêves et est prêt à tout pour ça, quitte à accomplir les pires des bassesses.

    Makoto Kozuka est un jeune garçon qui est arrêté par l’inspecteur Ikari. C’est un métisse qui se balade en roller avec une batte de baseball pour délivrer les gens. Il vit dans une sorte de monde paradoxal entre réalité et RPG. Il est très mystérieux, mais ne semble aucunement mauvais…

    Cet animé est un concentré de personnages étranges, pervers, narcissiques, malades ou malsains. Il y a beaucoup de personnages, mais pas vraiment de principaux, même si certains reviennent plus souvent. Je vous laisse la surprise pour nos autres personnages…

Scénario :

    Tsukiko Sagi est sur la plus haute marche du succès grâce à la création de son personnage Maromi. Mais ses supérieurs lui mettent de plus en plus la pression pour qu’elle crée un nouveau personnage au moins aussi mignon (personnellement, je trouve Maromi plutôt glauque, mais bon…) que le précédent. Mais alors qu’elle rentre chez-elle, un peu désespéré par la pression et les chuchotements de son bureau, elle entend quelque chose s’approcher d’elle. Elle prend ensuite un grand coup de batte en pleine tête et se réveil à l'hôpital. A partir de cet instant, c’est à Ikari et Maniwa d’intervenir. L’enquête commence, mais l’affaire se présente mal. Tsukiko ne se souvient que d’une chose : “le gamin à la batte” est petit (environ en 6ème), il se déplace en roller et il porte une batte de  baseball. Ikari est en difficulté et les agressions s'enchaînent… Pourtant, tout les gens agressés ne semblent pas en vouloir à leur agresseur… L’inspecteur Ikari et son assistant Maniwa parviendront-ils à mettre la main sur la gamin à la batte et à faire la lumière sur toute cette histoire ?

    C’est vraiment dur de résumer cet animé. D’un côté on est sur une histoire policière assez simple, mais de l’autre il y a en faite très peu d’épisodes qui en parle directement. On se focalise bien plus souvent sur des personnages annexe à l’histoire qui se contente de voir les choses à leur façon. On tombe même parfois sur des épisodes faisant de l’humour avec des sujets comme le suicide et d’une façon glauque au possible. Bref, cet animé est dérangeant et il plane sur lui une ambiance malsaine. Entre rêve et réalité, entre imagination et vision personnel, cet animé traite des sujets les plus sombres tout en offrant une critique sociétaire à peine déguisée. Souvent dérangé, funeste voir putride, cet animé est bien plus étrange et gênant que des œuvres plus connu comme School Days (pour ne citer que celui-là).

Graphisme :

    Pour l’époque, la qualité graphique est louable. Même si on est loin des animés plus actuels, le niveau est loin d’être mauvais grâce à la façon dont les scènes sont organisés et conçu. Tout est fait pour nous rendre mal à l’aise.  Du coup, tout ce qu’on pourrait qualifier de défaut, comme le fait qu’il n’y ait pas de personnage classe, devient une qualité… L’omniprésence du rêve et de la réalité distordu par la vision interne fait que c’est vraiment très dure de comparer cet œuvre avec une autre…

    Bref, le niveau est assez bon pour l’époque et il est bien conçu pour ce vers quoi le scénario veut nous emmener. C’est tout ce que je peux dire…

Point noir :

    Cet animé a-t-il un point noir, si ce n’est lui-même ? Il n’est clairement pas fait pour le grand public et ça explique surement pourquoi il n’est pas aussi connu que d’autres œuvres… Même s’il n’est pas particulièrement violent ou gore, il présente l’humanité avec une vision me rappelant un peu celle de Berserk… De ce faite, il devrait à mon avis être déconseillé pour un certain nombre de visionneur (-15/16 serait à mon avis une bonne moyenne…).

    Autre point noir : L’opening et l’ending sont particulièrement dérangeants… Aussi bien dans la musique que dans leur construction. Je trouve que c’est un peu trop à mon goût...

Conclusion :

    J’ai bien aimé cet animé malgré le fait qu’il soit terriblement dérangeant. A mi-chemin entre le thriller psychologique et l’horreur, cet animé est unique. Je le déconseil à tous, sauf à ceux qui aiment les œuvres comme School Days, Berserk, Psycho Pass ou tout autre œuvre présentant le rêve d’une façon plus ou moins perverse.

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