Love Exposure

loveexposure1

Article

On s’intéresse aujourd’hui au cinéma japonais en commençant par un film sorti il y a quelques années : Love Exposure !

 

Avant de commencer :

    Ces derniers temps, j’ai regardé beaucoup de film. J’aime beaucoup les comédies (comme tout le monde, vous me direz) et j’essaie d’apprécier un peu tous les genres, du plus absurdes aux plus subtiles. Mais au vue de la médiocrité des films récents, qu’ils aient ou non de grands noms comme Omar Sy ou Jean Dujardin, je me suis rabattu sur des films plus anciens avec comme seul et unique objectif : rire. Suis-je peut-être remonté un peu trop loin ? Soit-dit en passant, j’ai fini par me retrouver devant Rock’N Roll High School, film à la gloire du groupe punk The Ramones et Wayne's World, la comédie la plus déjantée de l’histoire des USA. Ce genre de film considéré par la critique comme les pires des navets pour ne pas dire pire, mais qui ont au moins eu le mérite de provoquer en moins l'hilarité tant recherché. C’est après avoir quelques temps exploré cet univers sans raison que je me suis retourné vers les films japonais. Et bien forcé de reconnaître que si les films japonais ne sont pas tous forcément meilleurs que les films français ou américains, ils ont au moins l’avantage de ne pas être passé au cinéma en France, évitant ainsi l’influence de la communication souvent un peu nauséabonde autour de grands navet.

La petite histoire :

    Bref, retournons à notre film ! Love Expensure est sorti au Japon le 31 janvier 2009. Il est réalisé et scénarisé par Sion Sono.

    Parlons un peu de ce personnage : c’est un réalisateur et scénariste de génie qui a commencé sa carrière en 1985. Il est notamment connu pour être à l’origine de Suicide Club (2001), Noriko's Dinner Table (2005), Love Expensure, Cold Fish (2010) et j’en passe. Il a reçu une bonne dizaine de grand prix.

    Pour revenir à notre film, voici le casting des personnages principaux :

  •         Yu Honda - Takahiro Nishijima
  •         Testsu Honda - Atsuro Watabe
  •         Kaori Fujiwara - Makiko Watanabe
  •         Aya Koike - Sakura Ando
  •         Yoko Ozawa - Hikari Mitsushima

    Je ne m’y connais malheureusement pas assez pour juger le casting… Mais nos personnage rentre bien dans leur rôle.

    Autre détail : ce film fait 237 minutes, soit 3 heures 57 ! Et je peux vous garantir qu’on ne s’y ennuie pas !

Personnage :

    Yu Honda est le fils de Tetsu Honda. C’est un ado plutôt normal quoique particulièrement pieux et pleins de bonne volonté. Il a perdu sa mère et cherche depuis ce temps sa “Marie”. Son comportement changera beaucoup entre le début et la fin, mais lui-même reste toujours fidèle à son identité vertueuse.

    Testsu Honda est le père de Yu. Après la mort de sa femme, il est devenu prêtre Catholique. Au départ un père attentionné aussi bien envers son fils qu’envers les fidèle, un évènement particulier fera de lui un être cruel, d’un psychisme pervers violent et puritain.

    Kaori Fujiwara est une femme cruelle et sans scrupule. Elle s’intéresse à tous les hommes célibataire avec une bonne situation, avant de leur arracher un maximum d’argent, puis de les quitter. Elle embarque Yoko avec elle, car elle fait “bien”. Elle joue un jeu en permanence, alternant la femme joyeuse et aimante avec la pire des mégères.

    Aya Koike est une fille mystérieuse. Elle s’intéresse à Yu et prend sa famille pour cible en impliquant Yoko dans une histoire louche. C’est une fille très intelligente qui fait partie de la secte “l’église Zero”. J’ignore encore ce que je dois penser de cette fille.

    Yoko Ozawa est celle que Yu reconnaitra comme sa “Marie”. Elle est agressive et déteste les hommes qui l’ont déjà fait énormément souffrir. Elle est physiquement très forte et impose son existence un peu partout. Elle semble apprécier l’univers punk et n’aime que deux hommes dans sa vie : Jesus et Kurt Cobain.

    Nos personnages sont très originaux. Vous me direz que pour une comédie romantique, ce sont des personnages étonnants. Quoi qu’il en soit, le scénario se chargera de mélanger tout ça de façon à tout présenté d’une façon drôle, critique et parfois grinçante.

Scénario :

    Yu a 17 ans. Il vit seul avec son père, prêtre depuis la mort de sa mère. Celui-ci rencontre une femme excentrique et nouvellement pieuse : Koari Fujiwara. Celle ci lui fait clairement des avances et notre prêtre finit par céder. Yu vit mal la situation, mais en japonais sans histoire qu’il est, il fait comme si de rien était. 3 mois plus tard, Kaori quitte Tetsu. Celui-ci, peinant à supporter la douleur, se reconstruit de son mieux en s’enfermant dans l’ultra-vertu. Il demande alors à son fils de venir se confesser à lui chaque jour. Celui-ci ne sait au début pas quoi dire, puisqu’un japonais bien élevé et autant tournée vers la bonté n’a aucune raison de se sentir coupable. Oppressé par son père devenu aigrie, Yu décide d’inventer des pêchées pour l'apaiser. Mais son père devine très vite qu’il ment. Yu se met alors à traîner avec une bande de yankee pour devenir un bandit et pêcher toujours plus, dans le seul but que son père s’occupe de lui. La solution est bonne, mais pas encore suffisant. Yu décide alors de se plonger dans un nouveau type de délinquance : les photos volées de petite culottes. Il apprendra grâce à un maître bien étrange l’art de prendre des photos sans se faire repérer et deviendra une sorte de ninja-voyeur. Son père se met alors à le frapper, ce qui n’arrête pas notre nouveau pervers. Dans le même temps, Aya Koike le remarque et commence à l’espionner avec une idée étrange en tête.

    Mais un jour, alors qu’il traîne avec ses amis, il perd un pari et se retrouve déguisé en femme avec pour gage d’embrasser une fille, puis de lui dire “je t’aime”. Il tombe sur une scène qui l’intrigue : une lycéenne se bat seul contre plus de 30 types : Yoko. Il décide immédiatement de l’aider. Mais à la fin d’une bagarre digne d’un film de Jackie Chan, celle-ci tombe amoureuse de Yu, toujours déguisé. Celui-ci prend la claque identitaire de sa vie : il vient de trouver sa “Marie”. Mais déguisé comme, il ne peut pas décemment la draguer. Il se présente donc comme “la femme scorpion”, une soit disant yakuza, avant de l’embrasser et de lui dire “je t’aime”. Un nouveau problème se pose à présent : Yoko déteste toujours autant les mecs et aime la femme scorpion. Yu la dégoûte et il se retrouve obligé de jouer la femme scorpion pour l’approcher, le tout sous le regard conspirateur d’Aya. Yu et Yoko finiront-ils par se rapprocher ? Quel est donc le véritable but d’Aya ?

    Ce film s’attaque à beaucoup d’aspect du Japon qui sont souvent délaissé pour des sujets plus léger. D’un côté, nous trouvons une vertu certaine par l’omniprésence religieuse et notamment chrétienne. De l’autre, nous sommes en présence des bandes de voyou et des pervers, qui sont présents mais cachés dans toutes les sociétés. Yu est la réunion de tout cela, cherchant le péché plus que l’acte. Ce film s’attaque également à la folie et aux problèmes psychiatriques qui touche nos sociétés mais dont personne ne parle jamais. Alternative à la folie, nous abordons également le thème des sectes (présent récemment dans l’actualité nippone) plutôt présente au Japon et qui sert de garde de fou à une certaine tranche de la population, mais qui cause un certain problème éthique. Enfin, nous en arrivons à parler d’amour. Un amour noir, blessé et révolté. Yoko en est l’exemple parfait. Dégoûtée par les hommes depuis son plus jeune âge, elle en a fini par chercher dans l’amour une sorte de vengeance.

    Ce film est souvent étrange et présente les choses sous des points de vue inhabituels. Nous revivons les scènes sous le point de vue de Yu, Aya et Yoko. Au final, on finit par se demander qui a tord, qui a raison. C’est un sentiment assez curieux qui finit par l’emporter sur un simple jugement et qui nous rappel qu’il y a généralement une raison sous chaque comportement.

WARNING :

    D’un point purement scénique, je me dois d’avertir sous le contenu. Certaines scènes gores ou à caractère sexuel implicite(quoique jamais pornographique et bien moins exhibitionniste que nos films made in France) peuvent choquer. Je déconseille donc ce film au personne sensible et au moins de 16 ans.

   Je le déconseille également à ceux qui ont du mal à faire la part entre une critique caricatural et la réalité. Si la perversité, le sectarisme et tous les aspects présentés dans le film font bel et bien parti intégrante du Japon moderne, il n’est tout de fois qu’un aspect minoritaire de ce pays à la culture riche et mélancolique.

Jeux :

    Film oblige, je me dois de parler du jeux des acteurs, même si j’avoue que je n’y ais pas particulièrement fait attention. Certaines scènes, dont la folie, sont sans doute assez dure à jouer, mais nos acteurs ont joué le jeu jusqu’au bout. Je n’ai pas la prétention d’être critique de cinéma, mais à mon humble avis, c’est du bon travail.

Point noir :

    Le seul point noir de ce film, c’est ce film. Du début jusqu’à la fin, il est totalement hors des normes du “film comique familiale avec une morale et une happy end parfaite”, que ce soit au Japon ou en France. Déjà ses 4h sont un frein certain et j’avoue ne m’en être aperçu qu’après avoir commencé le film. Les termes qu’il aborde sont très polémiques et posent des questions de société qui peuvent gêner beaucoup de gens. La vision du film est sur ce point très intelligente, mais je ne suis pas persuadé que tout le monde saisisse les nuances au jugement que Sion Sono souhaite nous fait passer.

    Enfin, seul vraie point négatif du film : il présente le Japon sous un aspect noirci et grinçant sans s’attarder à présenter les bons côté de cette société unique au monde où quelqu’un qui traverse au feu rouge est considéré comme un délinquant.

    Dernier détail : la bande annonce présente le film sous la forme d’une comédie à la “Hentai Kamen”, alors que c’est très loin d’être une simple comédie.

Conclusion :

    Malgré son sujet très lourd, j’ai beaucoup aimé ce film. Il aborde les choses sous un angle original et d’une façon intelligente avec un scénario plutôt réaliste et intéressant. Je le  conseil à tous ceux qui aiment les œuvres très originales et décalées.

Bande Annonce

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

 

Date de dernière mise à jour : 30/10/2018